jeudi 4 mars 2010

Guy Verhostadt, "l'identité nationale", la Flandre et le "reliquat du passé"

Il y a deux semaines, Monsieur Guy Verhofstadt, ex –Premier ministre « libéral » belge, estimait dans les colonnes du quotidien « Le Monde » que le débat français sur « l’identité nationale » révélait «quelque chose de pourri » en France. Quelques jours plus tard, il ajoutait, dans la presse belge, cette fois que "la recherche unidimensionnelle d’une identité collective conduit à des « Bunkers » ethniques, nationaux culturels ou religieux qui enferment l’individu…"

Quelle sagesse, quelle générosité, quelle profondeur d’analyse et quelle haute vision morale ! On regrettera simplement que M. Verhofstadt, toujours aussi brouillon, se permette ce genre de jugement du point de vue qui est le sien : celui d’un des principaux politiciens (« homme d’Etat » serait lui faire trop d’honneur…) flamands.

Car s’il est un peuple qui se « bunkérise » au nom de « l’identité unidimensionnelle », aujourd’hui, c’est bien le peuple flamand. Selon l’ineffable ex « Numero uno » (le surnom que lui avaient donné ses « amis » et qui trahit bien ses penchants autoritaires), l’Europe des Nations serait « un reliquat du passé ». Certes, mais là encore, la Flandre a peu de leçons a donner.

La région flamande dont l’ ex Leader maximo est un pur produit s’est dotée, il a quelques temps,d’un décret réduisant le droit des citoyens belges non flamands (donc, sans doute,de sang impur) à s’installer en Flandre. Simple effet de muscle d’une région perdue dans un rêve absurde ? Pas vraiment.

Le quotidien « Le Soir » nous a appris aujourd’hui qu’un couple de Bruxellois (malheureusement francophone) s’était vu refuser le droit de s’installer à Dilbeek, commune flamande limitrophe à Bruxelles. Comprenons-nous bien : un gentil couple avait acheté une maison à un gentil vendeur. Un acte privé, entre personnes privées et relevant des libertés individuelles et même constitutionnelles avait donc été passé devant un notaire. Dans toute démocratie, cela aurait été suffisant. Pas en Belgique : la « Commission d’Evaluation Provinciale » (CEP) refuse la vente au motif de « liens [des acheteurs] insuffisants avec la commune ». Appel des deux parties. Confirmation de la décision première…

Où est la Bunkérisation ? Quand au « reliquat du passé », on fera remarquer à M. Verhofstadt que l’Afrique du Sud de l’Apartheid interdisait, jusqu’en 1991, le mélange des « races » et que l’URSS communiste mettait des entraves sérieuses au mouvement de ses citoyens à l’intérieur de ses frontières. Etant donné le passé douloureux de la Flandre et sa sensibilité à cette triste question, on aura la bonté de ne pas rappeler que l’Allemagne nazie, elle aussi, avait pour vocation de préserver la pureté du sol et du sang.

Bref, l’éternelle histoire de la paille et de la poutre. S’il n’y avait, derrière tout cela une insupportable intrusion de l’Etat dans la vie la plus privée de ses citoyens et une violation absolue des libertés élémentaires et des droits constitutionnels, on se contenterait d’en rire et de dire que le « Numero Uno » a été grotesque.

6 commentaires:

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  2. le peuple(s) flamand... il ne faut pas d's

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  3. J'a lu les trois articles: G. Verhofstadt(Le Monde), L. Rozencwajg (Le Soir), G. Verhostadt(Le Monde).
    Claude, tu es trop sévère, tu confonds l'action de l'homme (d'Etat !) son propos, le contexte.

    "Quelque chose de pourri...": Guy V. est-il le fils de Marianne et de Jacques, le neveu de Nicolas, commed ans Hamlett ? Il critique à juste titre la méthode du débat identitaire français, mais sans arguments forts sur le fond.

    Luc R. a raison de le comparer à la Flandre. Mais Guy V. ne peut en être tenu responsable, sinon par compromis(sion). L'ex Baby Tatcher a été un Premier stable durant 8 ans, qui après 40 ans d'Etat démocrate-chrétien flamand, a permis des avancées intérieures en matière éthique, sociétale, plus une réflexion sur le rôle belge dans la Shoah et le drame rwandais.

    Le troisième article est le meilleur, peut-être parce que traduit du néerlandais. La vision d el'Europe des Lumières contre celle des ténèbres est... brillante, sauf que les Lumières furent autant allemandes que françaises. Comme leur antithèse... Mais c'est une Europe idéale, non-appliquée, à l'ombre de laquelle prolifèrent beaucoup de nationalismes identitaires égoïstes, régionaux, infra-nationaux, dont la Flandre et la Catalogne sont des modèles en négatif. Sans oublier les mille et un intégrismes religieux. Un vivre-ensemble à définir au-delà de la philo et des directives.

    Alain R.

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  4. effectivement, on peut difficilement mettre sur les épaules de Verhoofstadt l'ultranationalisme flamand. C'est presque condamner son discours sur base d'un pédigrée (et suivant cette logique peut d'hommes pourraient critiquer quoique ce soit).

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  5. sans intérêt les propos du lapin flamand !

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  6. On doit pouvoir à la fois critiquer la démarche glauque de Sarkozi % identité nationale (il veut labelliser le "blanc-bleu-belge" pour le citoyen français pure jus) et les positions de Guy V. qui soutient, en tant que flamand, l'ignoble droit du sol et toutes les dérives qui l'accompagnent. Moi j'ai apprécié la leçon de démocratie faite à Verhoostadt !!!!

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