mardi 27 avril 2010

Belgique: la crise finale?

Après une longue absence, certes inexcusable mais qui s’explique par pas mal de dossiers urgents accumulés sur ma table de travail, le hasard veut que ce nouveau « post » traite, en fait, d’un sujet assez proche du dernier message qui avait été mis en ligne.

Ce n’est pas vraiment ma faute. Et ce n’est pas que la Belgique me passionne particulièrement mais c’est que c’est l’actualité qui dicte mes mots. Je ne peux donc qu’y aller, moi aussi, de mon petit commentaire.

L’actualité, bien entendu, c’est cette chute « inattendue » à en croire certains, du gouvernement belge. A vrai dire, elle ne me semble « inattendue » que pour ceux, et ils sont nombreux, qui n’ont jamais vraiment voulu prendre le discours flamand au sérieux. Personnellement, il y a onze ans déjà, dans un livre presque prémonitoire (1), j’écrivais pourquoi la Belgique est condamnée.

Je ne reviendrai que pour mémoire sur ce que beaucoup ont déjà dit (même si je partage leur opinion) : faire tomber un gouvernement sur une question telle que la scission de BHV à deux mois du moment où la Belgique assumera la présidence tournante de l’Union européenne est plus que stupide, c’est scandaleux. Sauf bien sur si, pour ceux qui le font tomber le terme « Belgique » ne recouvre plus rien et que cette « présidence belge » ne les intéresse que médiocrement au regard de leur agenda politique nationaliste.

Et c’est sans doute là le problème. Depuis trop longtemps, le discours politique, en Flandres, est confisqué par ceux qui pratiquent la surenchère nationaliste. Les libéraux du VLD, qui, jusqu’à présent s’étaient montrés plutôt modérés sur cette question, ont décidé de les rejoindre. Grand bien leur fasse.

Le « front » des partis francophones semble solide et on peut espérer qu’il le restera, même si, pour cela, il faut faire violence à certains sentiments des Francophones. Car, en définitive, il y a quelque chose de pathétique dans la manière dont l’opinion Francophone s’accroche (sentimentalement ?) à l’idée de Belgique et à une royauté à bout de souffle.

Face à ceux des Flamands (majoritaires ?) qui pensent ne plus avoir besoin de la Belgique et souhaitent voler de leurs propres ailes, il faudrait que les Francophones aient enfin le courage de dire que la Belgique ne les intéresse que dans la mesure où elle garantit leurs droits, y compris, bien entendu, dans la périphérie de Bruxelles. Si le prix à payer pour continuer ce pays vidé de toute substance et de sacrifier ces droits, alors, tant pis pour la Belgique !
Mais cela sous-entend qu’une solidarité active est nécessaire entre Wallons et Bruxellois, et, trop souvent par le passé, nous avons eu l’impression, à Bruxelles, de ne pas être vraiment aimés par la Wallonie…

Mais si le pays en vient à éclater, il est évident que tout ce qui a été décidé jusque là – et qui n’avait d’autre but que de permettre le « vivre ensemble » dans un Etat commun - pourra être remis en question et devra l’être.

Ainsi, Bruxelles, capitale très théorique de la Flandre puisque peuplée par moins de 10% de flamands, échappera à la mère Flandre. De même certainement que celles des communes à facilité dans lesquelles les Francophones sont majoritaires. Cela fera peut-être mal à la Flandre, mais cela résoudra la question de la continuité territoriale entre la Wallonie et Bruxelles.

Nous n’en sommes pas là, me dira-t-on ? Certes ! Mais en sommes-nous vraiment si loin ?

(1) "Les Dossiers Noirs de la Belgique", Editions Michel Lafon, Paris, 1999.

2 commentaires:

  1. Quand les francophones auront-il le courage de prendre leur destin en main ?
    Je suis triste d'entendre nos politiciens.
    On se croirait dans un couple en train de se séparer avec un des deux s'accrochant en pleurant à l'autre qui ne veut plus de lui.
    Je voudrais que nous ayons plus de fierté.
    Alain J.

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  2. "la Belgique ne [nous] intéresse que dans la mesure où elle garantit [nos] droits"

    Très bien dit.

    Vive la République (Wallonne ou Française, quelle importance, pourvu que ce soit une République !)

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