dimanche 22 décembre 2013

Les (très discutables) "accomodements raisonnables" de Mark Spencer


The Daily Telegraph de ce dimanche 22 décembre nous apprend que la chaîne britannique Mark & Spencer a mis en place une politique « d’accommodements raisonnables » avec l’islam que certains (dont moi) trouverons plutôt problématique : les employé(e)s préposé(e)s aux caisses et refusant de manipuler du porc ou de l’alcool ont en effet la liberté de rne pas servir un client et de lui demander « d’attendre qu’un employé acceptant de le faire soit libre » à une autre caisse.

Le Docteur Nazir-Ali, évêque anglican de Rochester (d’origine pakistanaise, il se veut un fervent défenseur de l’identité chrétienne de la Grande Bretagne) estime quand à lui que si le magasin ne signale pas clairement que telle ou telle caisse ne traitera pas les marchandises en question, le client pris par surprise risque de se sentir humilié.

Il a raison, je vois dans cette « tolérance » au moins deux problèmes :

1)      Contrairement à ce que prétend la direction, cette attitude  ne permet pas d’assurer « un haut niveau de service au client » : quand vous avez attendu votre tour cinq ou dix ou vingt minutes à une caisse et que l’on vous demande, même « très poliment » de refaire la queue à un autre comptoir, il va de soi que le service n’est pas à « son plus haut niveau ».

2)      L’attitude des personnes refusant de servir un client consommant porc ou alcool est insultante en ce qu’elle implique un jugement moral sur le comportement du consommateur achetant des produits « impurs ».

Une fois de plus, se trouve donc posée la question des « accommodements raisonnables » qui, à mes yeux de laïcs n’ont aucune justification. La religion est chose privée et doit le rester, que ce soit dans la fonction publique, ou dans l’entreprise. Sinon où est la limite? Demain, dans une librairie, un caissier pourrait-il refuser de vous servir parce que la revue ou le livre que vous achetez heurte ses convictions ? Un employé végétarien pourrait-il refuser de servir ou d’enregistres des produits à base de viande ? Ou bien, en mettant les choses au pire, un employé pourrait-il refuser de répondre aux questions d’un client d’un autre sexe ou de le servir au nom de la « décence » ?
On voit bien que, comme trop souvent ces derniers temps, l’attitude adoptée par M & S ne prend en compte, en définitive que les croyances d’une seule communauté au détriment de la majorité. Le seul « accommodement raisonnable » acceptable serait de cantonner les employés en exprimant le souhait (si le service le permet) à des tâches qu’ils pourront exercer sans que leur morale en souffre et où leur attitude n’entraînera aucune gêne pour les clients.

La règle devrait être simple : l’entreprise est, par définition, un lieu où l’on travaille et où l’on laisse ses convictions au  vestiaire. Sinon, la société deviendra simplement invivable. Ceux pour lesquels le religieux prend le pas sur le « civil » devraient s’interroger sur leur rapport à la modernité et sur l’image stupide et intolérante qu’ils donnent de leur religion.

L’article du Telegraph peut être lu à cette adresse :

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